2.2.1.1. La poursuite des études sur le patrimoine naturel

Comme les années antérieures, des études sur le patrimoine naturel ont été menées en 2016 notamment au parc de Sceaux et des Chanteraines :

  • Un rapport sur l’inventaire des insectes a été fait en 2016, la première session d’inventaire avait été réalisée en 2014.
    Suite à une nouvelle session d’inventaire, deux nouvelles espèces patrimoniales rares ont été recensées : le Criquet des roseaux et le Tétrix des carrières. Le bilan de ces deux sessions d’inventaire a conclu au fort intérêt patrimonial du site et à la forte responsabilité des gestionnaires quant à la préservation des habitats naturels de prairies et de friches présents au sein du Parc des Chanteraines et à une plus grande diversité d’insectes. 

  • Dans le Jardin d’Helos (anciennement pataugeoire des Fiancés) et sur les berges en bord de Seine coté Zac Villerenne à Villeneuve-la-Garenne, des analyses microbiologiques des sols et des analyses du compost sur la station de compostage ont été réalisés dans le but d’améliorer la qualité du sol, en y installant des plantes favorisant un écosystème naturel.
    Ces analyses ont permis d’identifier la qualité (toute relative) des sols historiquement remaniés du site qui sont le résultat d’apports de terres du bassin parisien issues des chantiers d’urbanisation. Ces analyses vont permettre d’élaborer une méthodologie de travail en vue d’améliorer la qualité des sols en place : plan de formation pour les concepteurs et gestionnaires des parcs et jardins sur la connaissance des sols et de leurs améliorations pour nos aménagements. 

  • Des analyses des polluants sur les légumes et herbes (prés) de la ferme et sur le « Jardin d’Helos »
    Les analyses de polluants sur les légumes et herbes de la ferme ont permis d’avoir un état (à l’instant T) du niveau de pollution. Cela permet au Département d’envisager la possibilité d’obtenir le label AB, mais aussi de mettre en place une production de fruits et légumes destinés à la vente de paniers de saisons.
    Au « Jardin d’Helos », les analyses confirment que cet espace devra faire l’objet d’une dépollution par génie végétal qui servira de support pédagogique à destination du public afin de lui expliquer que certaines plantes peuvent contribuer à la dépollution des sols. 

 

  • Une étude de faisabilité pour la mise en place d’une frayère à brochets sur le secteur des Mariniers a été faite.
    La zone d’étude est située sur la commune de Villeneuve-la-Garenne, à l’extrémité Nord du parc départemental des Chanteraines. Cette parcelle, d’une surface d’environ 11 000m², prolonge à l’est la promenade du parc le long du bras gauche de Seine. Elle est délimitée par un chantier naval (à l’est) et des habitations (au sud).
    Le Département souhaite valoriser écologiquement cette parcelle qui pourrait s’inscrire dans un périmètre de compensation écologique.

  • Un inventaire piscicole de l’étang des Tilliers
    L’étang des Tilliers sur la commune de Gennevilliers a fait l’objet d’un diagnostic piscicole en mai 2008 pour le compte du Département (gestionnaire du site). Ce diagnostic a fait appel à différentes techniques (filets maillants, pêche électrique, nasses), visant à apprécier au mieux les caractéristiques du peuplement piscicole en place et préconiser des mesures d’amélioration en conséquence. A la suite de ce premier inventaire, le Département a réalisé des aménagements à vocation piscicole dans cet étang (diversification et végétalisation des berges, mise en place d’un radeau flottant,…), et souhaite, aujourd’hui, en mesurer les bénéfices. L’interprétation des résultats de cette campagne d’inventaires est déclinée en trois volets :
    • l’évolution du peuplement piscicole en présence depuis l’inventaire de 2008,
    • l’évaluation de la qualité piscicole du plan d’eau en 2016,
    • les préconisations complémentaires qui pourraient être envisagées pour favoriser le compartiment contenant la faune piscicole.
L’acquisition de données historiques et physico-chimiques du bassin pourrait permettre de caractériser plus finement le niveau trophique du plan d’eau, d’identifier les conditions efficaces et les limites à la croissance et au renouvellement naturel des poissons, de mieux cibler les préconisations de gestion ou d’aménagement à vocation piscicole.

2.2.1.2. La compensation écologique

Le projet de tramway T10 impacte environ 5,8 ha d’espaces boisés, dont 3,5 ha pour le site de maintenance et de remisage sur une parcelle de la forêt domaniale de Verrières.

Dans le cadre de la compensation écologique locale, le Département a proposé d’acheter les bois de la Béguinière (6,5 ha) et celui du Carreau (3,1 ha), juste à côté des parcelles impactées, sur la commune du Plessis-Robinson.
En 2016, le plan de gestion de ce bois a été préparé et présenté au Conseil national de la protection de la nature en vue de l’amélioration écologique de ces bois.

2.2.1.3. L’actualisation du Schéma des Espaces Naturels Sensibles

Engagé depuis 1995 dans une politique de protection et de valorisation des espaces naturels par l’instauration de la taxe des espaces naturels sensibles (TDENS), le Département a adopté un Schéma Départemental des Espaces Naturels Sensibles (SDENS), par délibération du Conseil départemental le 27 avril 2001. Au terme de 15 années d’interventions orientées par ce schéma, le Conseil départemental s’est engagé dans sa révision. Les communes sont donc rencontrées dans cette optique.

S’agissant du schéma des ENS, un premier bilan a été réalisé et présenté au comité de projet en novembre 2016. La surface des ENS classés est inchangée (2889 ha) en 2016.
Egalement, une analyse juridique sur la protection des ENS dans les PLU des communes a été entreprise.

16 communes ont déjà été rencontrées, les 20 autres seront consultées en 2017. A l’issue de ces rencontres, les surfaces des ENS pourront être redéfinies avec précision.
Le schéma pourra ainsi être révisé à la fin de l’année 2017 ou au cours du premier semestre 2018.


Les espaces naturels sensibles classés en hectares

En 2016, 21 panneaux pédagogiques ont été posés sur 21 lieux différents, apportant des informations sur les Espaces Naturels Sensibles et sur les possibilités de randonnées du secteur ainsi que les curiosités patrimoniales environnantes.

 

Surface totale des parcs départementaux (surface entretenue en ha)

Les surfaces des parcs départementaux entretenues sont restées stables en 2016 (602 ha).

2.2.1.4. La lutte contre les espèces déprédatrices ou envahissantes

La lutte contre les espèces envahissantes ou les ravageurs de culture est une nécessité pour la bonne conservation de la qualité écologique des espaces naturels, des parcs et des jardins.
La lutte se fait dans le respect de la labellisation Espace végétal écologique, depuis 2012, sans pesticide de synthèse. L’introduction d’auxiliaires et le développement d’habitats qui permet de les conserver sur site ; l’utilisation de produits autorisés en Agriculture Biologique ; l’implantation de variétés résistantes aux ravageurs ; la complexification de l’écosystème, sont les principaux moyens de lutte utilisés.

Le Département est particulièrement attentif la gestion des espèces suivantes :

  • Animales : Tamia de Sibérie, Perruche à collier, Processionnaire du Pin, Processionnaire du Chêne, Frelon d’Asie , Ecrevisse à patte grêle, Ecrevisse turque, Ecrevisse de Louisiane, Ecrevisse américaine, Ragondin, Rats noir et Surmulot.

  • Végétales : Arbre aux papillons, Ailante faux-vernis du Japon, Ambroisie à feuilles d'Armoise, Vergerette du Canada (érigéron), Raisin d’Amérique, Jussies, Laurier-cerise, Séneçon du Cap, Renouée du Japon, Balsamine à petite fleur, Robinier faux-acacia, Berce du Caucase, Sumac de Virginie, Fraisier d’Inde, Cerisier tardif, Armoise des frères Verlot, Vigne-vierge.

Quelques exemples d’actions en 2016 :

La processionnaire du pin
Les chenilles processionnaires du pin possèdent des poils urticants microscopiques en forme de harpon provoquant des réactions cutanées importantes. Il est donc indispensable d’intervenir, notamment dans les parcs départementaux et les propriétés départementales (collèges) si elles sont présentes.
La lutte a consisté à installer sur les arbres des pièges à migration : plus de 630 pièges posés dont 623 dans les parcs départementaux et 9 dans les collèges.
Le parc André Malraux et le parc Pierre Lagravère ainsi que 3 collèges (Champs-Philippe et Les Vallées à La Garenne-Colombes et André Doucet à Nanterre) ont été concernés.

Cette lutte doit être poursuivie et intensifiée car d’autres propriétés non départementales sont impactées.

Le frelon asiatique
Au cours de l’année 2016, le Département a fait détruire par une entreprise spécialisée 5 nids de frelons asiatiques dont un au parc de Sceaux, un au parc André Malraux et un sur la promenade des Vallons de la Bièvre.
Le Département intervient dès qu’on lui signale la présence d’un nid.

Nid de frelons asiatiques dans les arbres des parcs départementaux © CD 92

La perruche à collier
Cette espèce est en phase de développement important. Une étude est en cours pour évaluer l’impact de cette expansion. Un site internet dédié à la perruche à collier, http://perruche-a-collier.fr/, sensibilise le public sur ce sujet. Un observatoire participatif pour alimenter une base de données sur la présence des perruches en Ile-de-France et leurs dégâts, a été conçu en 2016.

L’observatoire sera actif au premier trimestre 2017.

Sites de reproduction observés