2.6.3.1. La coopération internationale

La politique de coopération internationale conduite par le Département depuis 2008 est axée sur la lutte contre l’insécurité alimentaire et l’extrême pauvreté en Arménie, au Cambodge, en Haïti et au Bénin (2017), et sur la sensibilisation des Alto-séquanais aux déséquilibres mondiaux et à leur impact en matière de développement durable.

Les programmes, mis en œuvre par des associations qualifiées, visent à soutenir l’agriculture familiale afin de permettre aux producteurs de vivre de leur activité, sur leurs terres, dans le cadre d’un développement local durable. Ils intègrent les principes de l'agro-écologie, qui constitue une alternative à la production conventionnelle et s'appuie sur les écosystèmes naturels. Cela permet de diminuer les pressions sur l'environnement tout en obtenant des résultats techniques et économiques très satisfaisants.

L’agriculture familiale nourrit plus de 70 % de la population mondiale. Elle constitue l’une des réponses au défi de la sécurité alimentaire alors que, paradoxalement, les personnes sous-alimentées habitent majoritairement en zone rurale. Ce modèle d’agriculture doit d’autant plus être encouragé qu’il permet non seulement de combattre la pauvreté, en augmentant les revenus des agriculteurs et en créant des emplois, mais aussi de gérer efficacement et durablement les ressources naturelles.

2.6.3.2. Le développement durable dans les projets conduits par le Département à l’international

Les programmes soutenus par le Département concilient progrès économique et social, tout en participant à la préservation des ressources naturelles.

Au Cambodge, deux opérateurs, Agrisud et le GRET, mettent en œuvre un programme visant à améliorer et à sécuriser les conditions de vie des agriculteurs familiaux de la province de Siem Reap, au moyen de pratiques agro-écologiques (4,2 M€ consacrés par le Département depuis 2009). Dans cette perspective, un réseau local de promotion de l’agro-écologie a été mis en place. Il permet d’assurer la formation d’autres agriculteurs et la diffusion des bonnes pratiques. Les produits locaux issus de cette démarche agro-écologique sont ensuite valorisés sur le marché de Siem Reap et auprès des hôtels et restaurants de la ville dans le cadre de circuits courts. En offrant une production locale et de qualité aux habitants de la province, le programme a contribué à améliorer le niveau de vie de la population locale tout en augmentant les revenus et l’autonomie des petits paysans.

Une étude a été menée en 2016 afin de disposer d’une analyse des secteurs les plus porteurs de développement pour le Bénin. Les résultats ont conduit à privilégier un appui à des filières agricoles à fort potentiel de revenus et de développement social, tels que le maraîchage, le petit élevage, les produits agro-forestiers et le soja. Outre leur intérêt en matière de lutte contre l’insécurité alimentaire, celles-ci contribuent à sécuriser les revenus des petits producteurs tout au long de l’année et agissent positivement sur la préservation des ressources et la qualité des sols. L’appui départemental visera à mobiliser les acteurs locaux autour d’un objectif commun de produire et manger sain localement, tout en créant des richesses partagées sur le territoire.

En Arménie, le Département et le Fonds Arménien de France conduisent un programme destiné à développer la production agricole et l’élevage bovin laitier du Tavouch, afin de dynamiser l’économie locale et limiter l’exode rural que connaît cette région frontalière (4,8 M€ attribués par le Département depuis 2009). Une démarche de synergie entre les activités de culture et d’élevage est engagée : la distribution de semences dans les villages permet à la fois de diversifier les productions, d’augmenter les revenus des agriculteurs et de fournir les compléments alimentaires essentiels aux bovins regroupés dans une ferme de référence et dans sept micro-fermes villageoises. La priorité est donnée au renouvellement du cheptel bovin, la race locale caucasienne étant peu productive, ainsi qu’à la dimension exemplaire de la ferme centrale, tant sur le plan technique que de la gestion. En 2016, le Département a parallèlement financé la réhabilitation d’une route menant aux alpages, dans la perspective de disposer de ressources alimentaires de qualité et de relancer l’activité pastorale, créatrice d'emplois et de richesses.

En Haïti, le programme soutenu par le Département (2 M€ depuis 2009), mis en œuvre par l’association Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF), a pour objet de soutenir des petits planteurs dans la production d’un cacao fermenté de qualité, de favoriser leur accès à des marchés plus rémunérateurs (équitable, biologique et marché de niche de qualité) et d’améliorer la gouvernance des structures locales de gestion. Grâce au perfectionnement des techniques de production et de commercialisation, le prix du cacao fermenté payé aux producteurs a été multiplié par quatre entre 2009 et 2015. Parallèlement, le programme participe à la reforestation de l’île. 

Il est prévu un déploiement en 2017 de l’approche agro-écologique au Bénin.

 

ACTION PHARE : L’agro-écologie au cœur du programme de développement agricole au Cambodge

©Germain Priour


Si l’agriculture fondée sur l’utilisation d’engrais chimiques et la motorisation a permis d’augmenter les rendements agricoles, elle présente aussi une pression environnementale et des risques en matière de santé. Par ailleurs, elle n’est pas pertinente dans les zones de production aux parcelles exiguës, comme c’est le cas dans la région de Siem Reap au Cambodge.

Pour valoriser un développement agricole et social durable, permettant aux petits producteurs cambodgiens de vivre de leur terre, le Département favorise l’agro-écologie.

Ce mode de production, par l’utilisation intégrée de l’ensemble des ressources végétales et animales disponibles, rentabilise, dans le respect des écosystèmes naturels, de petits espaces agricoles, peu accessibles à la mécanisation. Ainsi, l’organisation des productions se cale sur les écosystèmes naturels, afin de produire le plus possible sur une petite parcelle (cultures étagées, bordures faites d’arbres comestibles ou de Moringua, rotation et associations de cultures, etc.). Les fientes de poulets élevés par les agriculteurs, tout comme les pailles de riz conservées après la récolte, valorisent la production maraîchère. L’utilisation de plantes locales (piment, ail, Neem, etc.) permet de produire des engrais naturels et des bio-pesticides.

Par ailleurs, ce mode de production contribue à maintenir les structures sociales locales en accordant une attention particulière aux femmes. Elles jouent un rôle central dans la sécurité alimentaire du fait de leur participation prééminente dans les activités agricoles, le développement d’un fonds collectif d’épargne et la nutrition de leur famille.

Depuis 2009, le Département a permis à plus de 3 000 agriculteurs familiaux d’augmenter de façon régulière et durable leurs revenus tout en préservant la qualité des sols et l’environnement social.

2.6.3.3. L’appel à projets Initiatives Jeunes Solidaires

L'appel à projets Initiatives Jeunes Solidaires s’adresse aux jeunes alto-séquanais de 18 à 30 ans qui souhaitent mettre en place des actions de solidarité internationale. D’une durée comprise entre 1 et 12 mois sur le lieu de réalisation, ces actions doivent être portées par une association, dont le siège est en France, et un partenaire local.

Sont éligibles les projets permettant de lutter contre la malnutrition et l'extrême pauvreté. Une priorité est accordée aux projets se déroulant dans l’un des pays visés par la politique de coopération internationale départementale : l’Arménie, le Bénin, le Cambodge et Haïti.
Dans son analyse, le Département est attentif à la qualité et à la pertinence du projet, notamment à la réponse apportée aux besoins locaux, à l'appropriation par les bénéficiaires, et à toute indication qui permet de favoriser la durabilité de l’action. L'implication des jeunes dans l'élaboration du projet importe également, de même que la tenue d'actions de restitution du projet menées à leur retour dans les Hauts-de-Seine.

En complément d’un accompagnement au montage du projet, une aide financière d’un montant maximum de 6 000 €  (dans la limite de 50 % du budget du projet) peut être attribuée.

Nombre de dossiers du dispositif Initiatives Jeunes Solidaires

En 2016, sur les 44 projets retenus, 9 se déroulent dans les pays ciblés par la politique de coopération internationale du Département (1 en Arménie, 6 au Cambodge, 1 au Bénin, 1 en Haïti). Les autres pays d’intervention se sont déclinés comme suit : 8 projets à Madagascar, 5 projets au Togo et au Vietnam, 4 projets en Inde, 3 au Pérou et au Nicaragua, 2 projets en Mongolie et au Népal et 1 projet en Bolivie, en Indonésie et aux Philippines.

Montant Global attribué au dispositif Initiatives Jeunes Solidaires

 

En 2016, 44 projets ont été soutenus dans le cadre du dispositif pour un montant global de 100 000 €.

Jeunes participants aux projets du dispositif Initiatives Jeunes Solidaires

Exemples de projets soutenus en 2016 :

  • Tofu Solidaire  (Bénin) : Ce projet, mené par des élèves-ingénieurs de l’ESCPI Paris-Tech en partenariat avec l’association PC Coup d’Pouce, contribue au développement de la production artisanale de Tofu (fromage à base de soja, très riche en protéines, qui constitue une alternative végétale à la viande) à Djougou, ville commerciale du Nord-Ouest du Bénin. Les participants souhaitent rassembler au sein d’une coopérative un groupement de femmes engagées dans la production artisanale du Tofu et développer une chaîne de production améliorée dans un local commun.
  • Moringa Oleifera, solution durable à la malnutrition (Togo) : Ce projet, porté par un groupe d’étudiants de Chimie Paris Tech en partenariat avec l’association PEPSS (Pour un Engagement dans des Projets Solidaires du Sud), vise à promouvoir la consommation de Moringa Oleifera auprès des populations locales du Togo pour lutter durablement contre la malnutrition. Le Moringa est un petit arbre originaire d’Asie tropicale résistant à la sécheresse, facile à cultiver et présentant un fort potentiel nutritionnel. L’objectif du projet est de préparer l’exploitation pour la mise en sol d’une pépinière de Moringa et d’une plantation complémentaire de manioc. Des actions de sensibilisation ont été réalisées auprès de la population sur l’environnement et l’agriculture durable.
  • Une goutte d’eau pour Antanambao (Madagascar) : Ce projet mené en partenariat avec l’association Solidago France a pour objectif d’améliorer la qualité de l’eau dans le village d’Antanambao au Nord de Madagascar. Son but est de rendre l’eau potable accessible et de diminuer l’exposition aux maladies liées à la mauvaise qualité de l’eau. Il s’agit également d’apprendre aux habitants à entretenir les installations et de mener des campagnes de sensibilisation à l’hygiène.
  • Espoir des Mères (Madagascar) : Ce projet, porté par 4 étudiants de l’école Centrale Paris de Châtenay-Malabry avec l’association Mada ECP, contribue à améliorer les conditions de vie des mères et de leurs enfants accueillis dans le centre d’accueil et de travail de l’association Les Enfants du Soleil. Ce centre se situe à Fianarantsoa à Madagascar. Les étudiants ont participé au chantier de reconstruction du centre en terre cuite. Ils ont également procédé à la rénovation de l’installation électrique et mis en place un système de récupération d’eau de pluie. Les économies dégagées par la réalisation de ces travaux devront être investies dans la formation des femmes et l’éducation des enfants.

Initiatives Jeunes Solidaires : Nombre de projets réalisés (2010-2016)