HDS.mag julllet-août 2013 - page 47

juillet-août 2013- n°30
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HDS.
mag
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
l ’ex po
L’exposition
Studio Beineix 
revisite
les décors et les coulisses de ses films.
Rencontre avec un cinéaste en marge. Jusqu’au 29 septembre au Musée
des Années Trente de Boulogne.
’est la descente
dans la cage aux
fauves de
Ro-
selyne et les Lions
qui tient lieu
d’entrée à l’exposition consacrée
à Jean-Jacques Beineix par le MA-
30. Les projecteurs et les regards
cernent le cinéaste, placé au
centre de son
 « lieu de création »
comme un dompteur
.
À propos
de ce film sorti en salle en 1989,
Beineix écrit :
 « La cage est le lieu
scénique par excellence… c’est dans
la cage que se trouve le royaume
de l’artiste, pas au-delà : l’histoire
de Roselyne est celle de deux jeunes
artistes qui partent à la conquête de
leur art ».
Dompteur donc.
«  Beineix est un
cinéaste dont l’implication est totale :
mentale, morale et physique », 
re-
lève
Juliette Singer, commissaire
de cette rétrospective. Le cinéaste
ne dément pas : «
Chacun de mes
films est un manifeste dédié à l’art.
Cette exposition rassemble tous les
fils qui tissent la toile dont est faite
l’écran, l’art sous toutes ses formes…
Je suis joyeux de voir tout ça réuni.
J’essaie de faire un cinéma de syn-
thèse issu de ces différentes compo-
santes : peinture, musique, littéra-
ture… »
On l’aura compris, le parcours
d’immersion de
Studio Beineix
conduit le public au cœur de la
passion, du désir et des rêves
d’un réalisateur qui a conquis le
monde entier avec
Diva
(1982),
La Lune dans le caniveau
(1983),
37°2 le matin
(1986),
Roselyne et
les Lions
(1989),
IP5
(1992),
Mortel
Transfert
(2001) et révèle la cohé-
rence d’une œuvre beaucoup plus
personnelle que ne l’affirme ses
détracteurs. La « méthode Bei-
neix » utilise la métaphore et la
mise en abyme, puisant dans son
réservoir émotionnel pour nous
« embarquer » dans ses fictions
singulières et pourtant univer-
selles, sans oublier de citer ses
références : Stanley Kubrick et
Orson Welles surtout. De décor
de film en propos sous-jacent, le
discret fil rouge de l’exposition
semble être l’image de la barque
de Charon quittant la rive des
vivants pour se diriger vers
L’Île
des Morts
, le voyage inéluctable du
célèbre tableau d’Arnold Böcklin
qui apparaît dans
Mortel Transfert,
puis réapparaît sous le pinceau
de Beineix, « 
une toile
qui trans-
pose “L’Île des Morts”
en bunker
avec des tags ».
Gamme de couleurs
Une fois passé l’épreuve initiatique
de la cage aux lions, vous voici
donc au cœur de la « galaxie » Bei-
neix qui réveille votre puissance
imaginaire. Entrez et croisez les
personnages de ses films, leurs
décors grandeur nature, gravissez
les marches du bungalow de
37°2 le
matin
avec Betty et Zorg (Béatrice
Dalle et Jean-Hugues Anglade), as-
seyez vous dans la cuisine là où se
mêlent parfums de chili con carne,
C
La cuisine de
37°2 le matin.
©
cg
92/
olivier
ravoire
©
philippe
fuzeau
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